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Comment le gouvernement bruxellois tue la ville petit à petit

par | Mai 29, 2020 | Opinion

Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

Si le gouvernement bruxellois, en la personne d’Elke Van den Brandt (Groen), ministre de la Mobilité, des Travaux publics et de la Sécurité routière, s’est donné pour priorité de rendre la vie difficile aux automobilistes, non seulement cela ne semble pas plaire à un très grand nombre d’automobilistes à l’intérieur et à l’extérieur de Bruxelles, mais ces mesures se font également critiquer par l’échevin de l’économie bruxelloise, Fabian Maingain (Défi).

Fabian Maingain (Défi) – Photo Bruxelles.be

En effet, dans une interview dans La Libre, Maingain a déclaré que la situation actuelle est particulièrement difficile pour les commerçants et l’horeca à Bruxelles, et que limiter la vitesse dans le Pentagone à seulement 20 km/h aura pour conséquence qu’encore plus de personnes qu’auparavant éviteront la ville. Selon lui, ces mesures créent une barrière psychologique pour les consommateurs qui risquent de ne plus venir au centre. Il affirme qu’ « on doit démontrer que le centre est accessible à tous les modes de transport, y compris la voiture pour ceux qui n’ont pas d’autre solution ». Il propose également un signal positif, sous la forme d’une carte qui donnerait accès aux parkings Interparking de la ville, avec des tickets de transport supplémentaires pour la STIB, afin de mettre en pratique la multimodalité. L’échevin demande ouvertement que la limite de 20 km/h soit inversée dans toute la ville et harmonisée avec la limite de 30 km/h déjà en vigueur dans toute la région. De cette façon, l’accessibilité de la ville ne serait pas complètement compromise.

Ainsi, il devient clair que le changement souhaité par une petite minorité d’électeurs bruxellois, poussé par un ministre militant contre l’automobiliste, rencontre également une opposition au sein des niveaux administratifs bruxellois. Le fait que l’échevin de l’économie, qui voit ce que de telles décisions font à l’économie et à l’accessibilité de la capitale, s’oppose ouvertement aux décisions des niveaux supérieurs, est révélateur de la situation dans laquelle se trouve notre capitale. Une minorité de citadins décide unilatéralement d’interdire le moyen de transport le plus approprié pour la plupart des citoyens, car ils peuvent se le permettre, vivant et travaillant eux-mêmes dans la ville. En le décidant, ils font de sorte que l’économie de cette même ville soit poussée encore plus loin dans le gouffre.

Il est utopique de penser que la chasse à la voiture ne portera pas atteinte au tissu économique. Les gens qui viennent de l’extérieur de la ville vont à coup sûr chercher des destinations alternatives maintenant qu’ils ne sont plus les bienvenus en voiture. De sorte que la politique automobile actuelle, à si courte vue, entraînera inévitablement un marasme économique, avec plus de chômage et de licenciements. Bientôt, seuls les militants radicaux de la lutte contre les automobilistes resteront dans une ville vide et sans vie. Leur objectif d’une ville sans voitures sera atteint, certes, mais il reste à voir s’ils seront plus heureux, lorsqu’ils pourront profiter d’un surplus d’espace dans leurs rues désertes, dans des maisons sans valeur, dans des quartiers vides et morts. 

Heureusement qu’il subsiste quelques responsables politiques, comme Fabian Maingain, pour apporter un peu de bon sens et une vision qui ne se soumet pas au dogmatisme anti-voiture ambiant.