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Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

Beaucoup de gens ont l’impression que la voiture est le pire ennemi du cycliste en matière de sécurité routière. Cependant, cela semble incorrect. Les chiffres recueillis par la VUB et l’Ugent, entre autres, montrent que dans 83 % des accidents graves de vélo, aucun véhicule motorisé n’est impliqué.

Dans quatre accidents graves sur cinq impliquant des cyclistes, la voiture n’est donc pas impliquée. En d’autres termes, la voiture est impliquée dans moins d’un accident de bicyclette grave  sur cinq. La perception de nombreuses personnes est très différente. Bien sûr, cela ne signifie pas que nous, automobilistes, ne devions pas être particulièrement attentifs aux usagers de la route vulnérables laisser suffisamment de place aux cyclistes, mais cela apporte néanmoins une nuance importante au débat où certains cyclistes militants désignent la voiture comme la source de tous les maux.

Une analyse des admissions à l’hôpital réalisée par la Vrije Universiteit Brussel et l’Université de Gand, en collaboration avec l’Université d’Utrecht et la Stichting Wetenschappelijk Onderzoek Verkeersveiligheid (Fondation de recherche scientifique sur la sécurité routière) des Pays-Bas, montre que dans près de 70 % des accidents de vélo sans implication d’une voiture (sur 83 % du total), les accidents sont des chutes sans autres personnes impliquées ou des collisions avec un obstacle. Ce sont essentiellement les bornes de toutes sortes qui se trouvent à côté de ou sur la piste cyclable ou la route qui sont à mettre en cause.

C’est surtout en hiver et en automne que le nombre d’accidents de vélo sans implication d’autres usagers de la route augmente. Cela est dû aux pertes d’adhérence qui se produisent plus souvent au cours de ces saisons qu’au printemps ou en été.

Les chercheurs ont interrogé pas moins de 2.000 Belges et Néerlandais et ont conclu que pas moins de 63 % des Flamands et 71 % des Bruxellois pensent à tort que les collisions avec des voitures ou des camions en particulier sont les plus lourdes de conséquences et se produisent le plus souvent. Selon les chercheurs, cela est dû aux statistiques d’accidents qui sont basées sur les données de la police. Dans ces données, les accidents de vélo unilatéraux sont fortement sous-évalués car non-enregistrés ; en effet l’intervention de la police est moins souvent sollicitée dans ce type d’accidents.

Selon les chercheurs, la perception erronée, qui conduit les cyclistes à penser qu’ils sont particulièrement en danger lorsqu’il y a des voitures à proximité, ne ferait qu’entraîner une augmentation du nombre d’accidents de vélo unilatéraux, car les cyclistes n’adaptent leur style de conduite que lorsqu’ils soupçonnent un danger. Lorsqu’il n’y a pas de voitures dans le quartier, ils roulent souvent de manière plus imprudente, ce qui entraîne des accidents plus rapidement.

La conclusion des chercheurs est qu’il faut une infrastructure cycliste sûre, avec des pistes cyclables propres et bien entretenues, sans bornes, ni canivaux, ni bordures. En outre, nous sommes tous conscients du danger que représentent les voies de tramway (mouillées ou non), qui ont déjà causé des fractures à d’innombrables cyclistes. Selon l’Agence des Routes et de la Circulation, quarante pour cent des pistes cyclables en Flandre sont en « insuffisamment » bon état. Il semble donc conseillé d’entretenir correctement les pistes cyclables avant de viser la voiture.

Source : De Standaard

Photo: Copyright Pixabay