Sélectionner une page

Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

Nous avions déjà un problème fondamental avec les zones à basses émissions dans notre pays (Anvers, Bruxelles, Gand). Non seulement nous pouvons sincèrement douter de leur efficacité, mais ils sont aussi carrément antisociaux car ils touchent principalement les personnes moins fortunées qui conduisent des véhicules âgés. Des mesures effectuées tant dans nos pays voisins que chez nous montrent aujourd’hui que leur impact sur la qualité de l’air est en réalité minime, voire inexistant.

En tant que partisan de la ZBE, il était déjà très difficile d’expliquer comment le fait d’interdire en principe les voitures âgées, mais de leur permettre d’entrer si elles paient une cotisation, contribue à la qualité de l’air. En outre, il n’était pas très judicieux de prétendre qu’une ZBE comme celle d’Anvers a un effet positif sur la qualité de l’air alors que la ZBE est située à côté de l’un des plus grands complexes (portuaires) pétrochimiques du monde et qu’elle est entourée par le périphérique le plus fréquenté de notre pays. Comme si la pollution s’arrêtait simplement à la périphérie de la ville et ne s’étendait pas automatiquement à toute la ZBE. Il en va de même pour la ZBE de Bruxelles, qui est située au milieu du coeur économique de notre pays, ainsi qu’au milieu de notre deuxième périphérique le plus fréquenté et sous les gaz d’échappement d’un des aéroports les plus fréquentés d’Europe. Pour Gand, qui est également situé à la frontière d’un port important avec une industrie très polluante, l’utilité d’une ZBE est tout aussi douteuse.

Ce qui est clair, c’est que les ZBE sont une source de revenus facile et inépuisable pour les villes. Mais il y a un problème pour les autorités qui créent de telles zones, maintenant qu’il a été objectivement établi qu’elles ont un impact presque négligeable sur la qualité de l’air.

Pas d’amélioration de la qualité de l’air au niveau de la rue

Bien que les observations du satellite d’observation Sentinel-5 aient montré une amélioration de la qualité de l’air au-dessus de l’Europe au cours des dernières semaines, il n’y a guère de preuves de cette amélioration au niveau de la rue. La raison de cette différence est que le satellite mesure toute la couche d’air, qui dans son ensemble est devenue plus propre, mais ne le fait pas au niveau du sol. C’est ce qui ressort des mesures effectuées par le RIVM (Institut national pour la santé publique et l’environnement) aux Pays-Bas. En Allemagne également, les données de mesure de Kiel, Mayence, Stuttgart, Wiesbaden et Würzburg ont montré que l’idée que le trafic est la principale cause de la pollution atmosphérique urbaine est apparemment erronée, car même avec la forte réduction de la densité du trafic en cette période de crise corona, la qualité de l’air ne s’est pas améliorée de manière significative. Il semble donc probable que ce ne sont pas les émissions des voitures (diesel) qui provoquent le dépassement des valeurs limites européennes pour les oxydes d’azote, mais celles de l’industrie et de l’agriculture.

En Belgique aussi, un pic de particules fines a été mesuré pendant la période de fermeture, qui ne peut donc pas avoir été causé par la circulation automobile.

Non seulement Freesponsible et de nombreuses autres associations demandent l’abolition des ZBE antisociales, mais aussi l’association automobile allemande AvD, le secrétaire d’État allemand de transport Steffen Bilger et le parti politique CDU demandent l’abolition des équivalents allemands des ZBE qui interdisent les anciennes voitures diesel. Freesponsible demande aux conseils municipaux concernés de mettre fin à leurs ZBE antisociales, qui – si elles sont effectivement fixées avec la qualité de l’air comme objectif – s’avèrent inefficaces et donc inutiles.

Photo: MediaInMotion