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Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

La succession rapide de décisions prises par la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a été accueillie avec peu d’enthousiasme par les automobilistes qui sont les principales victimes, d’une part de la suppression des voies et des places de parking et d’autre part, de l’introduction d’une limitation de vitesse de 20 km/h au sein du Pentagone de Bruxelles. Dans une interview accordée à SudPresse ce mardi 14 juillet, la ministre bruxelloise semble tenir un discours plus modéré que ce à quoi nous sommes habitués. Une prise de conscience après des actions trop énergiques?

Sous le titre “Arrêtons d’opposer cyclistes et voitures”, Elke Van den Brandt défend sa politique de mobilité contre la critique croissante des automobilistes. Lorsque le journaliste demande à la ministre si les mesures actuelles prises dans le cadre du redémarrage post- lockdown, en particulier la suppression des voies pour créer des pistes cyclables supplémentaires, sont également tenables à plus long terme, elle répond que “cela dépend de chaque projet” et que “nous allons les évaluer” et qu’elle va à cette fin “organiser des concertations avec les riverains et les commerçants”. Espérons qu’elle mettra en pratique cette promesse car les mesures prises jusqu’à présent n’ont en effet pas fait l’objet d’une consultation avec, par exemple, les commerçants, qui ont été directement impactés par ces mesures. 

La ministre poursuit que “les projets définitifs feront l’objet d’une procédure normale avec de la participation citoyenne afin de prendre en compte les remarques des citoyens et des commerçants”. Elle rajoute vouloir “offrir un réseau crédible pour tous ceux qui ont la capacité de prendre le vélo. De ce fait, il y aura moins d’embouteillages pour tous

La ministre poursuit que “les projets définitifs feront l’objet d’une procédure normale avec de la participation citoyenne afin de prendre en compte les remarques des citoyens et des commerçants”. Elle rajoute vouloir “offrir un réseau crédible pour tous ceux qui ont la capacité de prendre le vélo. De ce fait, il y aura moins d’embouteillages pour ceux qui n’ont pas d’alternative”. Cette dernière phrase cacherait-elle la prise de conscience que le vélo ne constitue pas une option pour tout le monde ? Il semble que ce soit le cas, car un peu plus loin elle affirme que “si c’est une distance de moins de 5km et que vous êtes en bonne forme

physique, empruntez le vélo et laissez la place aux autres.

La ministre poursuit que “les projets définitifs feront l’objet d’une procédure normale avec de la participation citoyenne afin de prendre en compte les remarques des citoyens et des commerçants”. Elle rajoute vouloir “offrir un réseau crédible pour tous ceux qui ont la capacité de prendre le vélo. De ce fait, il y aura moins d’embouteillages pour tous ceux qui n’ont pas d’alternative”. Cette dernière phrase cache-t-elle la prise de conscience que le vélo n’est pas une option pour tout le monde ? Il semble que ce soit le cas, car un peu plus loin elle dit que “si c’est une distance de moins de 5km et que vous êtes en bonne forme physique, empruntez le vélo et laissez la place aux autres.

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle compte faire face aux nombreux embouteillages causés par ses mesures, Mme Van den Brandt répond qu’elle va évaluer la situation: “Je comprends que c’est stressant d’être dans un embouteillage quand on n’a pas d’alternative. Si on ne fait rien, rien ne va changer. Il faut tenter quelque chose pour éviter les embouteillages. Nous devons offrir une alternative. Là où il y a des problèmes, on va évaluer les choses.”

La ministre Van den Brandt annonce plus loin que “le cycliste est le meilleur allié de l’automobiliste. Cette personne, qui est sur un vélo, n’est pas dans une voiture devant ou derrière vous. Elle ne va pas piquer votre place de stationnement.” 

C’est évidemment une déclaration avec laquelle nous ne pouvons qu’être d’accord. Freesponsible a toujours affirmé qu’il n’est jamais question de « ou, ou », mais de « et, et » : ainsi les automobilistes et les cyclistes ensemble, dans le respect mutuel. Heureusement, Van den Brandt semble aussi se rendre compte qu’un monde sans voiture est tout simplement impensable aujourd’hui. D’ailleurs, elle ne prétend pas être elle-même anti-automobile, bien que ses décisions politiques suggèrent le contraire.

Je ne suis pas du tout anti-voiture. Je n’aime pas cette opposition entre cyclistes et voitures. Nous sommes tous en train de nous déplacer. Quand l’automobiliste gare sa voiture, il devient piéton et il a aussi besoin d’un passage sécurisé. Cet affrontement, il faut le stopper.”

“Les zones 20 km/h sont en cours d’évaluation.”

Lorsqu’il lui est demandé si elle pense que l’introduction de la zone 20 dans tout le Pentagone de Bruxelles est une bonne idée, Mme Van den Brandt répond que “C’était une mesure d’urgence. Mais nous allons évaluer cela et l’adapter. Nous allons voir si cela va continuer. Au moment du confinement, c’était urgent. Maintenant, c’est le moment d’évaluer et de voir s’il faut pérenniser ces espaces, les adapter ou les supprimer. Les communes sont en train de le faire.”

Notre conclusion

Avec un peu de bonne volonté, vous pourriez considérer les paroles d’Elke Van den Brandt comme une tentative de réconciliation, une façon de déminer un peu la situation, et si c’est le cas, nous devrions respecter cela en tant qu’automobilistes. Nous espérons que nos réactions et remarques concernant sa politique ont effectivement percolé et que, dorénavant, elle prendra également en compte la situation des nombreux automobilistes sans alternative valable, qui doivent encore pouvoir conduire vers et dans Bruxelles, aujourd’hui, mais aussi demain. En tant qu’automobilistes, nous sommes bien entendu prêts à tenir compte de tous les autres usagers de la route, mais nous attendons la même chose de ceux qui prennent des décisions qui affectent l’automobiliste.

Photo: Copyright GROEN