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Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

Au début, ils ne se faisaient pas encore trop entendre, en pleine crise corona, mais ces dernières semaines, les militants anti-automobilistes sont passés à une vitesse supérieure. Le dernier tir en direction de l’automobiliste s’appelle « Sophia ». C’est le plan élaboré par le « Resilience Management Group » pour façonner l’économie et la société « post-corona ». La manière dont ces militants veulent y parvenir est carrément anti-automobile. S’il vous plaît, découvrez cela avec moi…

RMG est le nom d’un des nouveaux groupes mis en place pour lutter contre la crise corona. Il a des projets très ambitieux pour la voiture. RMG signifie Resilience Management Group. Il s’agit d’un groupe d’académiques, de militants et – comme ils se nomment eux-mêmes – d' »entrepreneurs de transition » qui, en un mois, ont élaboré un plan contenant leur vision de l’avenir après la crise. Le plan a été baptisé « Sophia ». 

Les personnes et les entreprises qui sont derrière le RMG sont pour la plupart écologistes et anti-globalistes. Leur plan comprend plus de 200 mesures dans quinze domaines et souhaite une transition immédiate vers une économie durable afin d’éviter que les mêmes anciennes solutions ne se répètent lors de la relance. Notez que le RMG est un groupe d’idéalistes et ne fait actuellement pas partie du pouvoir. Heureusement, car ce qu’ils réservent à l’automobiliste est terrifiant.

100 % anti-voiture

Dans leur conseil fiscal, nous lisons que le groupe considère la voiture de société comme un exemple typique de « subvention » superflue qui devrait être mise au rebut le plus rapidement possible. 

Ils affirment dans leur texte que « la voiture de société, ou voiture salaire, réduit à zéro les coûts marginaux des déplacements en voiture. Cela supprime l’incitation financière habituelle à vivre près de son lieu de travail ou à utiliser les transports publics ou d’autres moyens de transport – y compris le covoiturage et le vélo – et l’incitation à conduire modérément. L’objectif est d’abolir ce système,  et de revenir àun traitement fiscal des voitures de société similaire à ce qui existe ailleurs en Europe ».

C’est assez radical, et ignore une fois de plus le fait que les voitures de société sont utilisées principalement à des fins professionnelles, et seulement partiellement pour le kilométrage privé. D’autre part ces voitures font également partie du paquet salarial. Les employés disposant d’une voiture de société ne paient pas seulement des impôts pour celle-ci, mais l’ont également reçue en lieu et place d’un salaire plus élevé. La raison en est que les coûts salariaux dans notre pays sont si exceptionnellement élevés que les entreprises, dans leur recherche de bon personnel, n’ont d’autre choix que de chercher des alternatives. Il s’agit de chèques-repas et de chèques éco, d’assurances de groupe et d’hospitalisation et -en effet- aussi de voitures de société. 

Le RMG estime également que la déductibilité fiscale des carburants utilisés à titre professionnel devrait prendre fin, et que « l’utilisation des infrastructures autoroutières devrait être payée par les voitures privées, et de manière intelligente, tout comme le péage urbain qui devrait être instauré.« 

Cela signifie que les voitures particulières sont également visées. Selon le RMG, les utilisateurs devraient payer pour l’usage de l’infrastructure au moyen d’une redevance kilométrique et d’un péage. Je pensais qu’ils le faisaient déjà aujourd’hui, avec la TMC, la taxe de circulation, la tva et les d’accises sur le carburant. Apparemment, le RMG n’a pas très bien compris cela.

Même les voitures anciennes doivent disparaître

L’attaque vise non seulement les conducteurs de voitures de société et les automobilistes particuliers, mais aussi les propriétaires de voitures anciennes, puisqu’ils sont eux aussi visés par le groupe qui déclare que « les avantages fiscaux accordés aux voitures anciennes devraient être supprimés et leur utilisation découragée.« 

Le RMG veut rendre la voiture totalement inintéressante en réformant la taxe de mise en circulation (TMC) et la taxe de circulation, où seules les petites voitures électriques ne seraient pas soumises à un lourd impôt. Selon le plan, les voitures devraient être taxées sur la base de leurs émissions et de leur masse. Mais cela est déjà le cas aujourd’hui : chez les utilisateurs professionnels via les dépenses fiscalement rejetées et la contribution CO2, sans compter les accises astronomiquement élevées sur les carburants, sur lesquels la tva est ensuite prélevée, et en Flandre également par la TMC et la taxe de circulation liées aux émissions et au type de carburant. Pour des raisons de commodité, le RMG oublie également ces aspects.

Qu’est-ce qui remplace la voiture ?

Quelle est l’alternative, si la voiture est bannie? 

La solution rêvée du groupe est de tout faire à pied, à vélo ou en bus. Qui croit encore ces gens ? Il est plus que probable que 99 % de ceux qui ont élaboré ce plan sont des citadins qui peuvent en effet souvent se passer de voiture. Comme c’est souvent le cas, quelques personnes pensent que ce qui est possible pour elles doit être imposé à tous. Un mode de pensée dangereux et antisocial.

Personne, et certainement pas Freesponsible, n’est contre des transports publics forts et une infrastructure sûre pour les cyclistes et les piétons. Ils méritent sans aucun doute une place de choix dans la palette de mobilité. Personne ne conteste que des investissements dans les transports publics sont nécessaires, afin que ceux-ci soient ponctuels, confortables et aussi écologiques que possible. Mais pourquoi une telle chose devrait-elle, dans les têtes de ces activistes, toujours être combinée avec l’attaque de l’automobiliste?

Une idée dangereuse

Bien qu’il ne s’agisse pour l’instant que d’un plan issu d’un groupe d’idéalistes, les choses peuvent changer rapidement. Il suffit de regarder la région de Bruxelles, où un ministre vert élu avec à peine 4.000 voix a décidé de viser l’automobiliste et rend en même temps la vie difficile à l’économie bruxelloise, avec une limite de 30 km/h généralisée dans toute la région et même une limite de 20 km/h dans le pentagone bruxellois, désormais défini comme « zone résidentielle ». Dans le même temps, on ferme des voiries, on ferme des rues, on augmente les tarifs de stationnement et on fait tout pour rendre difficile, voire impossible, l’accès à Bruxelles pour les personnes venant de l’extérieur de la ville lorsque les circonstances (nombre de personnes transportées, fret, correspondances, heures…) les empêchent de recourir aux transports publics ou au vélo. 

Imposer la volonté d’une minorité à une majorité silencieuse n’est pas démocratique. Pensez-y lorsque votre mobilité individuelle et responsable vous tient à cœur et n’oubliez pas de rejoindre gratuitement Freesponsible à l’adresse www.freesponsible.be.

Source: www.fleet.be