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Péage urbain: même le PS de Bruxelles n’est pas d’accord

par | Oct 28, 2020 | General

Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

Les projets de péage urbain à Bruxelles suscitent des réactions. Après que les parlements flamand et wallon ont déjà demandé que les plans bruxellois ne soient pas mis en œuvre unilatéralement, mais seulement après un accord avec les autres régions, il semble qu’il y ait également un désaccord au sein de la majorité bruxelloise.

Le journal économique L’Echo écrit aujourd’hui que Ridouane Chahid, le chef de groupe du parti PS au Parlement bruxellois, a des réserves sur les plans du gouvernement bruxellois (dont le PS fait partie et qui, en la personne de Rudi Vervoort, fournit même le chef du gouvernement). Il rapporte que son groupe ne peut soutenir les projets de péage urbain s’ils ne peuvent garantir qu’un tel péage n’aura pas d’impact social sur les habitants de la région bruxelloise. 

Il est donc clair que le gouvernement flamand et les parlements flamands et wallons ne sont pas les seuls à exiger avec insistance que Bruxelles consulte d’abord les autres régions avant de prendre une telle décision. De plus, il existe apparemment un désaccord au sein de la majorité politique de Bruxelles sur l’introduction du plan Smartmove. Ce plan vise à introduire un péage urbain dit intelligent basé sur la cylindrée (chevaux fiscaux) des véhicules et les kilomètres qu’ils parcourent à l’intérieur des frontières de la région, avec une distinction entre les heures de pointe et les heures creuses et une compensation pour les habitants de Bruxelles par la suppression de la TMC et de la taxe de circulation.

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) a déclaré vendredi que son gouvernement veut instaurer une fiscalité basée sur l’usage pour réduire la congestion et rendre la ville plus conviviale. Aujourd’hui, même au sein de son propre parti, des doutes subsistent quant à ce plan qui devrait générer 500 millions d’euros par an, mais qui augmenterait considérablement la facture pour les automobilistes flamands, wallons et bruxellois.

Le chef de groupe du PS à Bruxelles a déclaré que les plans actuels sont « déséquilibrés« , et que son groupe ne les approuvera pas dans leur forme actuelle. En effet, un certain nombre d’exigences de l’accord de coalition de Bruxelles de juillet 2019 ne sont pas prises en compte. Cet accord stipule que « la fiscalité automobile doit être repensée, en passant de la possession à l’usage« , mais “qu’il ne devrait pas y avoir d’impact social négatif  et qu’un accord de coopération entre les régions serait privilégié. » Pour l’instant, selon M. Chahid, le plan ne répond pas à ces exigences et le projet actuel ne garantit pas que les Bruxellois ne paieront pas plus qu’avant. Il souhaite donc que des critères relatifs aux revenus et au nombre d’enfants à charge soient pris en compte dans le calcul, et qu’on tienne compte des petits indépendants qui ont besoin d’une camionnette pour exercer leur profession dans la région.

Chahid demande donc au Conseil économique et social de la Région bruxelloise d’étudier les plans et leur impact sur l’attractivité économique. Il affirme, comme l’a également fait remarquer la Flandre, que « Bruxelles n’est pas une île« , et souligne que l’intention ne peut être d’exclure quiconque veut venir à Bruxelles. Selon lui, des mesures d’accompagnement sont donc essentielles.

Il devient donc encore plus évident qu’il est irréaliste et inacceptable d’imposer unilatéralement une telle taxe qui touche directement tous les automobilistes, affectant ainsi de manière disproportionnée les Flamands et les Wallons, qui paient déjà des taxes de circulation dans leur propre région, et seraient donc doublement taxés.

Freesponsible espère, avec beaucoup d’autres, que Bruxelles ne pourra pas mettre en œuvre les plans tels quels et que les trois régions se concerteront d’abord pour arriver à une réforme de la taxe de circulation qui tienne compte de tous les Belges.