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Projet d’interdiction des voitures sur l’avenue de Tervueren = coup de grâce pour Bruxelles?

par | Avr 1, 2021 | Mobilité

Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

Dans le cadre de la reconstruction du périphérique bruxellois en territoire flamand, le gouvernement flamand prévoit d’apporter un changement fondamental au célèbre Carrefour des Quatre-Bras à Tervuren, à l’est de Bruxelles. Cela signifie que la circulation automobile sur le bras sud de l’Avenue de Tervueren (N3) serait interdite, et que cette voie d’accès serait entièrement réservée aux cyclistes. Les conséquences pour les automobilistes entrant et sortant de Bruxelles par cette route seraient énormes. Bruxelles elle-même risque également d’être touchée. 

La « Werkvennootschap », une division du gouvernement flamand qui coordonne les travaux du périphérique bruxellois, prévoit la reconstruction du très fréquenté Carrefour des Quatre-Bras. Selon les initiateurs des plans d’adaptation, qui sont également soutenus dans cette démarche par la ministre de la Mobilité de la région bruxelloise, Elke Van den Brandt, les deux sens de circulation sur la large avenue de Tervueren en direction du Carrefour des Quatre-Bras sont trop éloignés l’un de l’autre, ce qui entraîne des problèmes au carrefour aux heures de pointe en raison de la complexité du carrefour. 

Le Carrefour des Quatre Bras est en fait une double intersection en raison de la division de l’Avenue de Tervueren en un bras nord et un bras sud, ce qui entraîne des situations compliquées et des embouteillages. Selon les initiateurs flamands, les simulations montreraient que lorsque suffisamment de voies d’entrée et de sortie sont prévues aux feux de signalisation et que les deux axes sont placés directement en face l’un de l’autre, le trafic n’aurait pas besoin d’une double voie dans chaque direction, mais pourrait simplement utiliser deux fois une voie.

Projet d’aménagement du Carrefour Quatre Bras, copyright www.werkenaandering.be

Route cyclable au lieu d’autoroute

Pendant la reconstruction, l’axe sud de la partie bruxelloise de l’Avenue de Tervueren (N3) ne sera plus accessible à la circulation automobile, mais sera transformé en une autoroute cyclable. Le trafic entrant et sortant de Bruxelles ne serait alors autorisé que sur le tronçon nord. En conséquence, une des deux voies en direction et au sortir de Bruxelles serait supprimées dans chaque sens. Pourtant, il existe déjà une piste cyclable le long de l’Avenue de Tervueren sur ce même tronçon. Pourquoi cette section, qui n’est pas actuellement dans un état optimal, n’est-elle pas améliorée, au lieu de repousser le trafic automobile ? Est-ce à cause de motifs politiques contre les voitures ?

Protestation de Woluwe-Saint-Pierre

Les conséquences possibles d’une telle adaptation sont évidentes : de très longs embouteillages vers et depuis Bruxelles pour tous ceux qui tentent d’entrer ou de sortir de la ville par le Carrefour des Quatre-Bras, et donc le contraire de ce qui est officiellement prévu. En outre, il n’est pas tout à fait logique que la capacité d’une importante route d’accès soit limitée, empêchant par conséquent d’utiliser cette route pour établir des déviations en cas de blocages sur l’E40 ou le Ring de Bruxelles.

Outre les nombreux navetteurs, les habitants de Woluwe-Saint-Pierre et, dans une moindre mesure, ceux d’Auderghem seraient également touchés par les plans. Le maire de Woluwe-Saint-Pierre, Benoît Cerexhe (CdH), s’est déjà prononcé contre ces projets, qui seraient testés entre août et octobre avec l’installation de barrières temporaires et de blocs de béton. La conséquence possible d’une telle adaptation et de la suppression des voies pour les voitures serait que le trafic entrant ou sortant de la ville devrait se frayer un chemin à travers les municipalités et les zones résidentielles concernées, ce qui entraînerait des encombrements et une insécurité supplémentaires. Cela va évidemment à l’encontre de la logique qui veut que le trafic de transit soit écarté des zones résidentielles et concentré sur le réseau routier principal. Dans ce sens, l’Avenue de Tervueren devrait être rendue plus attrayante en tant que route d’accès, plutôt que de l’être moins.

Il est donc logique que les municipalités concernées ne souhaitent pas que le trafic soit détourné de la route principale et protestent contre cette mesure. La question est toutefois de savoir quelle est la logique qui sous-tend une telle décision. Ne serait-il pas préférable que les autorités concernées (Flandre et Bruxelles) s’occupent de la rénovation et de la sauvegarde de la piste cyclable existante ?

La Flandre et Bruxelles sont toutes deux impliquées dans cette affaire. Elle concerne une route d’entrée et de sortie de la Flandre vers Bruxelles qui se trouve en partie sur le territoire flamand (bras sud) et en partie sur le territoire bruxellois (bras nord).

Good Move

La mise en œuvre de ces plans par la création d’une vaste autoroute pour les vélos, qui rendrait à nouveau plus difficile pour les navetteurs de rejoindre ou de quitter Bruxelles en voiture, s’inscrirait parfaitement dans les plans de la ministre bruxelloise de la mobilité, Elke Van den Brandt, qui a déjà pris de nombreuses initiatives pour compliquer la vie des automobilistes avec le calamiteux plan Good Move. Le fait qu’elle puisse, dans ce cas, s’aligner sur les plans du gouvernement flamand lui convient évidemment. 

Les conséquences économiques d’une telle politique anti-voiture pour Bruxelles, ses habitants et ses commerçants et entreprises, ne semblent pas avoir été perçues par les intéressés. Pour l’instant, les projets sont encore en phase d’étude, mais si la volonté est là pour les faire passer, cela ressemble une fatalité dont les automobilistes qui pâtiront une fois de plus.

Copyright photos: www.werkenaandering.be