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Par Stijn Blanckaert, Porte-parole de Freesponsible

On savait déjà que, chez Freesponsible, nous sommes fortement opposés aux zones à faibles émissions en l’absence de mesures correctives telles que la gratuité des transports publics dans ces zones, l’élaboration de solutions pour les résidents qui ne disposent pas d’une voiture suffisamment récente et pour les propriétaires de voitures ancêtres.

Dans le même temps, le vent se lève également à d’autres niveaux. Par exemple, l’association VAB a récemment déclaré qu’il serait préférable de ne pas introduire de nouvelles zones à faibles émissions parce qu’elles sont socialement difficiles à accepter et peu efficaces. Les mesures de l’Agence flamande de l’environnement ont montré que l’impact d’une ZBE sur la qualité de l’air n’est pas convaincant.

Si vous savez également qu’à partir de 2025, pas moins de quatre voitures sur dix ne seront plus autorisées à rouler dans ces zones, il est clair qu’il y aura des conséquences majeures pour le citoyen moyen qui paiera des taxes pour la même voiture sous forme de TMC, de taxe de circulation et d’accises et de TVA sur le carburant, mais qui ne sera plus autorisé à utiliser sa voiture comme il le pouvait lors de son achat. Légalement, une telle chose est très discutable, et il semble très probable qu’un citoyen qui n’est plus autorisé à utiliser sa voiture dans sa ville pourra contester avec succès cette décision devant les plus hautes juridictions (et non au niveau local).

En plus de Freesponsible, de VAB et de nombreuses autres associations, plusieurs partis politiques ont également des doutes sur l’opportunité des Zones à Basses Emissions et sur la manière dont elles sont actuellement organisées, sans mesures sociales d’accompagnement ni résultats clairement mesurables en termes de qualité de l’air. 

Le Vlaams Belang, par exemple, est depuis toujours fortement opposé aux différentes zones à faibles émissions, mais d’autres partis se sont également prononcés en faveur d’un examen plus approfondi de la question. Ce sont surtout les partis verts et socialistes qui sont en faveur des zones à basses émissions, les libéraux, les démocrates-chrétiens et les nationalistes sont des amateurs plutôt tièdes du principe.

Au fait, faut-il encore souligner l’absurdité d’une zone à faibles émissions comme celle d’Anvers, qui se situe entre le Ring et le port, ou celle de Gand, où un port et beaucoup d’industries en périphérie de la ville pourraient tout aussi bien annuler tout profit éventuel d’une telle ZBE ? La pollution de l’air, en effet, ne s’arrête pas à la périphérie du centre-ville.

Il va sans dire que l’environnement et la qualité de l’air doivent faire objet d’attention, mais l’installation de Zones à Basses Emissions a – en dehors d’un impact écologique limité – une conséquence principalement financière, et nous devons également attirer l’attention sur ce point.

Après tout, si l’effet sur la qualité de l’air est difficile à mesurer, l’effet sur les finances de la ville est très clair. 

En septembre 2018, par exemple, la ZBE d’Anvers avait déjà généré 25,5 millions d’euros d’amendes, un montant qui est probablement encore beaucoup plus élevé depuis le durcissement des règles au début de cette année. Bruxelles et Gand voient également les coffres de la ville sérieusement remplis d’amendes imposées à des citoyens – souvent ignorants et de bonne foi.

N’est-ce pas faire preuve de beaucoup d’hypocrisie, d’ailleurs, que les différentes zones à basses émissions de notre pays (aujourd’hui Bruxelles, Gand et Anvers) sont encore accessibles aux voitures « trop polluantes », si elles achètent un accès journalier ou hebdomadaire ? 

À Gand, vous pouvez toujours entrer avec votre diesel Euro 4 si vous payez 25 euros par semaine. Le conducteur qui achète une telle carte ne pollue-t-il soudainement plus avec son diesel Euro 4 ? 

Une enquête menée par VAB auprès de 4 000 automobilistes montre que plus de sept personnes sur dix pensent qu’une ville ne peut opter pour une ZBE que s’il existe suffisamment d’alternatives à la voiture. 

Les personnes âgées en particulier sont de cet avis, ce qui n’est pas illogique, car elles dépendent souvent de leur voiture pour rester mobiles et pouvoir ainsi entretenir une vie sociale.

Freesponsible est convaincu que non seulement les motivations des différents conseils municipaux pour mettre en place des Zones à Basses Emissions ne sont pas seulement dictées par un souci de qualité de l’air, mais aussi que la manière actuelle de travailler, sans mesures sociales, est insoutenable et doit être changée de toute urgence. Nous préconisons donc un moratoire sur l’extension du nombre de zones et une révision des conditions dans les zones existantes, avec des mesures correctives pour les principales victimes (résidents, conducteurs de voitures anciennes, etc.). 

Admettre ses erreurs n’est pas une honte, mais un honneur. Enfin, nos voisins néerlandais de Rotterdam se sont également joints à nous, puisqu’ils abolissent la maudite ZBE, à la grande satisfaction de presque tout le monde.

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