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Par Stijn Blanckaert, Porte-parole Freesponsible

La crise corona fera-t-elle de sorte que les villes qui ont mis en place des zones à basses émissions comprennent qu’elles n’ont pas de sens ? Au cours de la période de confinement, il est apparu que l’interdiction de certaines voitures dans les villes a peu ou pas d’effet sur la qualité de l’air et que la véritable cause de la pollution se trouve ailleurs.

Freesponsible l’a dit à maintes reprises : les ZBE sont antisociales et n’ont pas l’effet escompté. Plusieurs mesures effectuées au cours de la dernière période de faible trafic prouvent que ce n’est pas tant le trafic qui provoque des pics de pollution et une détérioration de la qualité de l’air, que les émissions provenant de l’agriculture et du chauffage domestique. En Flandre, un rapport de la Vlaamse Milieumaatschappij (Agence flamande de l’environnement) l’a révélé, tandis que les mêmes observations ont été faites aux Pays-Bas. Fin mars, un pic absolu de pollution a également été mesuré en France (Ile-de-France et le grand Est), malgré le fait qu’il n’y avait pas de voitures et presque pas de trafic aérien à cette époque. D’où vient donc cette pollution ?

Les chercheurs français ont constaté que dans les régions mentionnées, il n’y avait pas de dioxyde d’azote, pas d’hydrocarbures imbrûlés ou de CO, mais un taux de particules particulièrement élevé. Ces particules contenaient principalement des nitrates et des sulfates d’ammonium, et étaient également très similaires aux particules fines qui se sont formées en Australie lors des grands incendies de forêt du début de l’année. Il ne s’agit donc pas de particules provenant de la circulation, mais de l’utilisation d’engrais dans l’agriculture et du chauffage des maisons. La combustion du bois dans un feu ouvert en particulier semble avoir des effets désastreux sur la qualité de l’air. Un feu ouvert pollue septante à cent fois plus qu’un poêle moderne et même quatre cents fois plus qu’une chaudière à pellets aux dernières normes. 

Selon le Citepa (Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique) en France, la combustion domestique du bois représente 39% des émissions de particules fines, 76% des émissions d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, 60% des émissions de benzène, 30% du monoxyde de carbone et 21% des composés organiques volatils. 

Alors qu’il semble que ce soient l’agriculture et la combustion du bois qui sont responsables des poussières fines et des pics de pollution, aucune interdiction des foyers n’est envisagée, et il n’existe pas de zones à faibles émissions pour les agriculteurs. Une fois de plus, l’automobiliste est la victime facile, car il est facile de se faire prendre par les caméras et les patrouilles de police. Débarrassons-nous maintenant des zones antisociales à basses émissions. Elles n’ont pratiquement aucun effet sur la qualité de l’air, et c’est quand-même la raison pour laquelle elles ont été mis en place, n’est-ce pas ? Ou bien le fait de remplir les coffres de la ville – bien que ce ne soit peut-être pas la raison initiale – est-il une conséquence agréable dont ils ne veulent pas se débarrasser ?

Photo: Copyright Pixabay